Vulcania fait couler beaucoup d'encre. Vaste projet à côté
duquel le museum de la Fournaise fait office de kermesse de patronage,
il accueillera, pas avant l'an 2000, ses premiers visiteurs dans ses multiples
salles et surtout, à la fin de la visite, proposera un film "qui
devra être à la hauteur des émotions des gens qui ont
visité ces lieux".
Une vingtaine de minutes d'images et sept millions de francs de budget
devraient suffir à éblouir le spectateur.
Pierre Willemin, la cinquantaine, qui se contente le plus souvent d'une
équipe réduite, a trouvé dans le volcanologue Jacques
Durieux un relais: c'est lui qui le prévient en cas d'éruption
"intéressante". Aussi n'a-t-il pas résisté
à l'appel la semaine dernière. Pourtant, plusieurs jours
se sont écoulés depuis le début de l'éruption;
c'est la contrepartie du système de tournage utilisé pour
cette production très particulière, qui rappelle le cinéma
Imax: elle fait appel à du film dit 8 x 70 (du film de 70 mm, pour
une hauteur de l'image de 8 perforations), qui offre une surface d'image
4 fois supérieure au 35 mm classique. Or, la caméra spéciale
n'est disponible qu'aux Etats-Unis, pèse 25 kilos et épuise
son mgasin de pellicule en quatre minutes !
Pierre Willemin dispose d'une solide expérience dans le tournage
de telles uvres puiqu'il a déjà réalisé, en
omnimax et pour la Géode "L'eau et les hommes". Il a également
réalisé pour la télévision la série
de six fois cinquante-deux minutes "Le feu de la Terre" avec
Haroun Tazieff, diffusée il y a quelques années. Il rentre
de Montserrat dévastée par les nuées ardentes.
Aussi n'a-il-dû se montrer qu'à moitié surpris quand,
vers 4 heures du matin hier, il a dû démager le camp, après
un débordement de lave
Le film, à vocation pédagogique, spectaculaire, mettra en
scène des évocations liées aux personnages qui ont
marqué l'histoire de la volcanologie.