«C'est un voyage, et au bout l'enfer", m'avait-on dit. Contrairement
aux prévisions les plus pessimistes, la transhumance au volcan s'est
faite plus facile hier. Beaucoup plus facile. Point d'émeute, ni
d'attente interminable. Pour monter en bus au Pas de Bellecombe dans la
nuit de samedi à dimanche, il fallait seulement patienter vingt
petites minutes à Bourg-Murat. L'augmentation du nombre de bus et
taxis en service (respectivement 70 contre 30 et 60 au lieu de 40) et un
meilleur rodage du système expliquent sans doute l'amélioration
du climat à la Plaine-des-Cafres. Et pas spécialement une
baisse de la fréquentation du site toujours très élevée,
selon les forces de l'ordre.
UNE DERNIÈRE RECONNAISSANCE
Hier en fin d'après-midi, le total cumulé de passagers
transportés par bus depuis vendredi 12 h était de 23 862
personnes. Ça continue... jusqu'à aujourd'hui 6 heures du
matin, où la route du volcan devait être rouverte à
la circulation.
On revient donc au premier système : dès que les parkings
au sommet sont saturés, le trafic sera bloqué en bas et on
laissera monter les voitures au fur et à mesure des descentes. Et
un service de bus sera remis en place en cas de nouvel afflux. La question
de l'ouverture de l'Enclos au public, elle, restait à l'étude
hier soir. Le balisage et la préparation du sentier ont déjà
été réalisés pendant le week-end. Ce matin,
les gendarmes et des responsables de l'ONF (Office national des forêts,
qui gère les sentiers du volcan) réaliseront une dernière
reconnaissance. En fonction des conditions météorologiques
(elles ont été exceptionnelles toute la semaine dernière),
de leur possible évolution et de l'activité du volcan, l'ouverture
ou non sera annoncée à 9 heures. Et restera soumise à
de nombreuses et strictes conditions : pas de descente après 13
heures pour éviter toute marche de nuit, pas d'enfant en bas âge,
équipement complet de rigueur...
X.L.
On saura donc ce matin à 9 heures si l'accès à l'enclos
du volcan est à nouveau autorisé, une semaine tout juste
après le début de l'éruption.
En cas de décision favorable, l'enclos ne serait de toute façon
ouvert chaque jour qu'à partir de 6 heures du matin, la descente
ne pouvant s'effectuer après 13 heures, soumise aux conditions suivantes,
indique le communiqué de la préfecture rendu public hier
soir:
- l'accès ne sera pas autorisé au enfants de moins 8 ans;
- les visiteurs devront avoir un équipement adéquat: chaussures
de marche, vêtements chauds, protection contre la pluie, protection
contre le soleil (chapeau ou casquette). En outre, chaque personne devra
avoir au moins un litre d'eau en sa possession.
- le circuit a été balisé par l'ONF et la gendarmerie.
Il est formellement interdit de s'en écarter;
- le circuit ne peut être utilisé que de jour. Aucune descente
dans l'enclos ne pourra être autorisée après 13h;
- si les conditions météo devaient être défavorables,
l'accès à l'enclos sera immédiatement interdit et
toutes les personnes en transit devront remonter au Pas de Bellecombe.
Enfin, précise le communiqué préfectoral, "la
gendarmerie assurera un filtrage au départ du circuit à Bellecombe
et compte tenu des risques, un poste médical avancé sea installé
dans l'enclos". Dernier point: "Il est rappelé au public
qu'il est de sa responsabilité de maintenir le site dans un état
de propreté et qu'aucun détritus ne doit être abandonné
sur place".
«C'est un voyage, et au bout l'enfer", m'avait-on dit. Contrairement
aux prévisions les plus pessimistes, la transhumance au volcan s'est
faite plus facile hier. Beaucoup plus facile. Point d'émeute, ni
d'attente interminable. Pour monter en bus au Pas de Bellecombe dans la
nuit de samedi à dimanche, il fallait seulement patienter vingt
petites minutes à Bourg-Murat. L'augmentation du nombre de bus et
taxis en service (respectivement 70 contre 30 et 60 au lieu de 40) et un
meilleur rodage du système expliquent sans doute l'amélioration
du climat à la Plaine-des-Cafres. Et pas spécialement une
baisse de la fréquentation du site toujours très élevée,
selon les forces de l'ordre.
A partir du parking du Pas de Bellecombe, prendre à gauche sur quelques
centaines de mètres en longeant le bord de l'enclos par la piste
en terre. Après un kiosque d'information, continuer en descente
par les marches jusqu'au Pas de Bellecombe à proprement parler,
échancrure dans le rempart où commence l'escalier qui plonge
dans l'enclos du volcan. La descente devrait vous prendre une quinzaine
de minutes. Au pied du rempart, au lieu de vous diriger vers le Formica
Leo, petit cratère situé face à vous sur la route
de la classique balade des cratères, suivez à gauche le balisage
spécial éruption qui vous conduira vers le cratère
Magne, en foulant les coulées anciennes qui forment le plancher
de l'enclos. Entre une heure et quart et une heure trois quarts de marche
depuis le parking devraient suffir à toute personne normalement
constituée pour parvenir au site de l'éruption, arrêts
éventuels non compris. Que penser de la "difficulté
du circuit, d'une durée de 4h30 à 5h" évoquée
par la préfecture ? La seule difficulté provient sans doute
en fait de la remontée du rempart du Pas de Bellecombe, pénible
en raison de ses interminables marches inégales. Sinon, le reste
du parcours, effectué en simple faux-plat au retour, présente
une difficulté bien moindre que la classique montée au sommet.
En cinq heures, vous devriez donc avoir le temps d'effectuer un parcours
sans surchauffe et de profiter d'environ une heure et demie de spectacle
face à l'éruption !
En revanche, le litre d'eau suggéré par la préfecture
semble un peu juste si le soleil est de la partie. N'hésitez donc
pas à boire fréquemment et à emporter un litre et
demi. Vous ne pourrez que vous en porter mieux. Bien entendu, n'oubliez
pas de quoi vous alimenter de manière consistante (sandwiches, fruits
frais) sans oublier quelques douceurs (fruits secs, chocolat).
F. M.-A.