Le Journal de L'Ile de la Réunion14 Juillet 1998


DIX-NEUVIÈME SEMAINE D'ÉRUPTION DU PITON DE LA FOURNAISE : LA RN 2 N'EST PLUS MENACÉE POUR L'INSTANT

Le front de coulée n'avance plus

La lave a stoppé net sa progression dimanche. Un sentier depuis la Vierge au Parasol permet d'atteindre le front de coulée désormais immobilisé à moins de deux kilomètres de la route du tour de l'île.

Tandis que le volcan entame sa 19e semaine, le front de coulée s'est désormais stabilisé à 400 mètres d'altitude, faute d'une alimentation suffisante. En revanche, les coulées principales sont bien visibles dans les Grandes pentes en-dessous de la Plaine des Osmondes.
Il semble qu'au régime actuel, en cette dix-neuvième semaine d'activité qui a commencé hier, la lave ne soit plus près d'arriver à la route nationale 2 comme les autorités en décrivaient l'éventualité il y a quelques jours encore. Sauf si les nouvelles coulées qui se sont mises en place dimanche soir étaient suffisamment alimentées pour arriver à leur tour dans le Grand-Brûlé et atteindre la cote des 400 mètres comme la semaine dernière. Mais cela pourrait bien prendre dans ce cas dix voire quinze jours et rien n'est moins sûr comme nous l'écrivions déjà samedi puisque la pente devient insuffisante dans cette zone et ne favorise pas leur progression.

1H15 DE MARCHE JUSQU'AU FRONT DE COULÉE

Les coulées sont toujours visibles et bien actives dans la Plaine des Osmondes (visibles depuis le Nez coupé de Sainte-Rose) où elles s'étalent avant de plonger dans les Grandes pentes. Au cours des dernières vingt-quatre heures, leur cours a dévié vers le sud et de nouveaux bras envahissent heure après heure de nouvelles zones de végétation. Néanmoins, un lit bien défini ne parvient pas à s'installer pour alimenter de manière suffisante une nouvelle coulée qui atteigne le Grand Brûlé. On peut accéder au front de la coulée actuelle depuis la route nationale 2 en empruntant un sentier dont le départ se situe en surplomb du gros kiosque du parking de la Vierge au parasol, à proximité du rempart de Bois-Blanc.
On emprunte au départ un ancien sentier plutôt correct. Il serpente dans la coulée en gratons de 1931 à travers la forêt et les fougères. Au fur et à mesure de la montée (300 mètres de dénivelé au total environ), la piste devient moins agréable, le sol plus inégal. Les arbres laissent place à une végétation plus basse (pensez à vous munir d'une casquette). Le parcours vous amène à escalader puis redescendre de multiples crêtes, autant de coulées anciennes du volcan, plus ou moins végétalisées (on rejoint la coulée de 1961), il est vrai que le grand incendie du début de 1993 à réduit à néant une partie de la forêt de filaos dont subsistent encore des troncs blanchis ! Parfois glissant, même en l'absence de boue, ce sentier est déconseillé au trop jeunes enfants qui peineraient. Des chaussures qui accrochent bien sont conseillées.
En une heure un quart, voire une heure et demie selon la condition physique, on arrive au front de coulée, constitué de laves cordées, qui s'est figé depuis dimanche et n'avançait plus hier, même si de multiples petites langues de lave continuent de sortir, sans grande conviction il est vrai. N'oubliez pas de vous munir d'eau et de nourriture pour cette randonnée d'un minimum de quatre heures aller-retour en comptant une pause d'une heure sur place.
François Martel-Asselin


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