LES MOTARDS MÉCONTENTS
Pour l'heure, le parc de stationnement principal n'étant toujours
pas ouvert, les automobilistes étaient invités à stationner
- correctement - dans les rues de Bourg-Murat, éventuellement aux
alentours de la billetterie et, enfin sur un petit espace mitoyen avec
le fameux parking. Pendant ce temps, les 30 autocars - d'une capacité
allant de 37 à 60 places assises - mobilisés par la Sotrader,
commençaient à arriver. Les premiers étaient à
pied-d'uvre aux alentours de 11h30. Par ailleurs, 40 taxis collectifs de
huit places devaient prendre place dans le dispositif. Les uns et les autres
se sont vu remettre un macaron de couleur jaune (C pour les cars et T pour
les taxis) nécessaire pour franchir le barrage de la gendarmerie.
D'autres sésames avaient été remis, roses pour les
éleveurs, verts pour les riverains. Par ailleurs, volcanologues,
ingénieurs, toutes personnes ayant à travailler sur le site
devaient présenter un sauf-conduit pour passer les différents
points de contrôle.
Pas d'exceptions, du moins en principe. Les cars de tourisme ne devaient
pas franchir les barrages, ordre leur ayant été intimé
de déposer leurs passagers au carrefour du chemin du Champ-de-Foire
avant de se replier vers le parking de La Diligence où ils devaient
stationner. De même, les motos étaient refoulées, d'abord
jusqu'au Centre de vacances du service national, face au champ-de-foire.
Une fois cet espace rempli, les motards étaient invités à
se garer en épis sur le bitume. Une suggestion fort judicieuse que
l'on doit à Yves Gruyer de RFO. Ces considérations n'ont
pas toujours été comprises par les motards. Ainsi, Michel,
33 ans, est venu jeudi soir de Saint-Denis à moto afin de passer
la nuit sur le Piton de Partage. Hier matin, il est descendu jusqu'au parking
situé à 150 m de l'intersection avec la route forestière.
"Je trouve qu'il est anormal d'interdire l'accès aux motos, leur
encombrement étant moindre que celui des voitures. Le système
d'avant était mieux selon moi puisqu'il laissait les motos libres
de circuler jusqu'au Pas de Bellecombe. Moi, je voulais bien faire profiter
des personnes de ma place arrière afin de les amener là-haut".
Michel comptais faire payer 30 FF à ses passagers, histoire de "rendre
service" tout en ayant ses frais d'essence couverts. Dommage. Garés
vaille que vaille, les premiers visiteurs sont arrivés vers midi
devant les trois caisses installées dans la cabane fraîchement
construite par les employés de la Sotrader. D'une façon générale,
le fait de payer ne posait pas problème aux "usagers". A commencer
par Jean et Geneviève, un couple de métropolitains, respectivement
âgés de 68 et 67 ans qui, pourtant, râlaient un "bon
peu".
"Nos enfants vivent à la Montagne, à Saint-Denis et nous
sommes venus leur rendre visite. En fait, on fait d'une pierre deux coups.
On les voit et on en profite pour se rendre sur le volcan. Nous étions
ici assez tôt donc nous avons essayé de nous rendre en voiture
jusqu'en haut pour être refoulés à mi-chemin. Nous
sommes redescendus. Nous voulions nous garer sur le parking le plus proche
(Ndlr : celui utilisé jusqu'à présent) mais l'on nous
a demandé de poursuivre notre route jusqu'au parc de stationnement.
Mais c'est en chantier ! Finalement, nous avons dû stationner à
côté. On regrette un peu que des informations contradictoires
circulent"
"ON PRÉFÈRE PAYER PLUTÔT QUE DE SE RETROUVER PRIS AU PEÈGE"
Beaucoup d'autres personnes ont eu le tort d'arriver trop tôt.
Jeannette et Josiane, la première étant venue avec ses deux
chiens Lucky Luke et Ariane, ont dû rebrousser chemin avant la Plaine-des-Sables,
à l'invitation de la maréchaussée. A 13h10, elles
s'apprêtaient à embarquer dans le deuxième autocar
en partance vers le volcan, le temps que leur chauffeur revienne de la
billetterie avec les précieux tickets de transport. Malgré
l'embarras causé par une mauvaise coordination au tout début
de la journée, les deux femmes étaient plutôt satisfaites
de la tournure prise par les événements. "On trouve que c'est
très bien fait. Le prix n'est pas un problème pour nous",
expliquaient-elles, assises sur un muret face à la longue litanie
de cars. Joël, chaudronnier, Sophie et leur petite fille de 5 ans,
Emilie, accompagnés de Jean-Luc, mécanicien entretien, n'ont
pas non plus "chipoté" pour régler les 120 francs de leur
voyage.
"On vient souvent en pique-nique au volcan. Nous avons tous pris notre
journée pour aller voir l'éruption. Pour nous, l'essentiel,
c'est d'arriver sans trop de casse. On préfère payer plutôt
que de se retrouver pris au piège sur la route", expliquait Joël,
qui avait prévu des "trains chauds", c'est-à-dire le nécessaire
pour se couvrir en cas de froidure. Les plus heureux étaient encore
Serge, 34 ans, Jacques, 53 ans et Mireille, 55 ans, trois touristes métropolitains,
des fous de la Réunion où ils sont venus chacun, au moins
à cinq reprises. Habitués de la Grande Traversée,
le trio de sportifs en tenue complète (short, chaussures de marche,
tee-shirt et sac-à-dos), est arrivé cette fois dans l'île
dans l'unique but de voir l'éruption du volcan. En chemin vers les
cars, après avoir réglé leur voyage, ils confiaient
: "Nous sommes venus en bus depuis Saint-Denis, puis Saint-Benoît.
Nous avons d'abord couché à La Diligence mais comptons séjourner
à compter de dimanche soir au gîte du volcan Jusqu'à
présent, l'organisation nous semble parfaite !" Tout a été
réfléchi en effet. Afin d'éviter que les marcheurs
ne déambulent au milieu de la chaussée empruntée maintenant
par les gendarmes, militaires, riverains et fermiers, des barrières
bleu, blanc et rouge ont été dressées sur le côté
droit. Ce qui fait râler quelques-uns. "Allons dire qu'on est des
bufs !", s'écriait notamment un père de famille. Dans le
tout premier car, l'ambiance était plus calme. Quoique Les quelque
30 passagers, les tout premiers à embarquer à bord d'un car
de la Sotrader, avaient tout de même l'air de bouillir de l'intérieur.
D'impatience, bien sûr. Le volcan, plus que jamais, ça se
mérite
* Motos
Au courant des projets préfectoraux qui visaient à leur
interdire l'accès au volcan dès vendredi après-midi,
les motos s'étaient probablement donné rendez-vous pour leur
dernière nuit jeudi soir dernier. En effet, des centaines de bécanes
de toutes cylindrées ont convergé ce jeudi vers les sommets.
Une espèce de rassemblement en quelque sorte.
* Poubelles
C'est peut-être le dernier souci des autorités mais les
poubelles débordent régulièrement depuis le début
de la crise. Elles ne sont visiblement pas vidées régulièrement.
C'est sale et ça donne une mauvaise image.
* Sentier
A force d'être foulé par les milliers de visiteurs, le
jadis "casse-patte" sentier qui mène au Piton de Partage est aujourd'hui
un vrai boulevard. Plutôt une bonne nouvelle en attendant l'ouverture
de l'Enclos au public.