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Aout 1998
UNE FISSURE A "SAUTÉ" LE REMPART DE L'ENCLOS CE WEEK-END
ET LA LAVE A COULÉ QUELQUES HEURES
Hauts de Bois-Blanc : éruption terminée
Les habitants du village situé au pied du volcan peuvent respirer
: après quarante-huit heures d'incertitude, la reconnaissance aérienne
d'hier midi a permis de déterminer que toute activité a cessé
en dehors de l'enclos.
Ce n'est pas faute d'avoir essayé depuis lundi matin, mais l'hélicoptère
de la gendarmerie nationale est parvenu hier midi seulement à trouver
l'ouverture dans la couche nuageuse qui avait jusque-là empêché
toute reconnaissance. On en a enfin eu le cur net : la coulée observée
lundi matin par un pilote lors d'un vol touristique - et restée
invisible depuis - se trouvait bien là où elle avait été
décrite, dans l'est - nord-est du piton de Sainte-Rose (à
ne pas confondre avec le village de Piton Sainte-Rose comme on a pu l'entendre
sur certaine radio). Mais l'éruption est terminée ! Aucune
menace ne pèse donc sur Bois-Blanc qui appréhendait quelque
peu l'idée de savoir les coulées, même encore hors
de portée, au-dessus du village
Thomas Staudacher, directeur de l'observatoire volcanologique, rapporte
comment l'hélicoptère a pu se poser dans la zone des coulées,
déjà refroidies : "Leur température ne dépassait
pas 40° Celsius. Elles avaient dû cesser de couler depuis longtemps
déjà".
UN FOUILLIS DE VÉGÉTATIONINEXTRICABLE
Les lueurs aperçues mardi soir dans le ciel des hauts de Sainte-Rose
devaient donc être celles du Piton Kapor, né de l'éruption
du 9 mars, et non celles de la coulée hors enclos, estime-t-il encore.
D'ailleurs, hier midi, seule une fumée blanche s'en élevait,
traduisant une simple évaporation de l'humidité alors qu'une
fumée bleue signale généralement la circulation de
la lave.
Deux hommes du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) avaient
dans un premier temps tenté une approche à pied, après
avoir été déposé à proximité
du cassé de la rivière de l'Est.
Après avoir quitté le sentier qui mène de ce superbe
point de vue sur le fond des gorges vers la zone de l'éruption (piton
de Sainte-Rose), ils ont dû cependant rendre les armes, le jeu n'en
valant tout de même pas la chandelle : confronté à
un sol marécageux (les concurrents des premières courses
de la Passe-Montagne gardent à n'en pas douter un souvenir humide
et boueux du lieu-dit et bien nommé "Les Mares"), les militaires
ont préféré renoncer en découvrant qu'ils s'enfonçaient
dans une végétation de type futaie inextricable.
Bois-Blanc, au terme de ces explorations, a pu s'endormir rassuré
hier soir mais la vigilance demeure de rigueur.
François Martel-Asselin
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Une toute petite éruption
On ne saura jamais combien de temps a fonctionné l'ouverture hors
enclos (la troisième au XXe siècle, la septième en
350 ans d'occupation humaine de l'île) découverte fortuitement
lundi matin par un pilote d'hélicoptère. Apparue samedi ou
dimanche, comme pourraient en témoigner les éboulements enregistrés
à partir de vendredi par l'observatoire volcanologique à
proximité du Nez coupé de Sainte-Rose, elle est à
l'origine d'une longue fissure large de 30 à 40 centimètres
d'où sont sorties deux coulées. Larges de 3 à 20 mètres,
longues de 5 à 600 mètres, celles-ci ont recouvert une surface
d'environ 10 000 mètres carrés pour une épaisseur
de l'ordre de 2 mètres, soit un volume total estimé de 15
à 25 000 mètres cubes, très faible donc, et qui laisse
présumer une éruption très brève, peut-être
quelques heures tout au plus. Leur température ne dépassait
pas 40° Celsius en surface hier. La fissure n'a émis aucune
projection, seulement des laves "lisses" (pahoehoe, selon la terminologie
hawaiienne en usage) et des gratons. Des prélèvements ont
été effectués.
Les gendarmes, au cours de leur survol, ont pu relever les coordonnées
des coulées grâce à un GPS embarqué (Global
Positioning System) qui permettra ensuite à l'observatoire de les
cartographier avec précision. Mais on sait déjà que
la coulée amont est sortie à 1 700 mètres d'altitude,
à 1,750 kilomètre à l'est du Nez coupé de Sainte-Rose
et à 500 mètres au nord du rempart, soit un peu moins du
sentier dit de la Cage aux lions qui mène à la route nationale
2 en longeant l'enclos. 500 mètres "seulement" mais 500 mètres
d'une végétation quasi impénétrable
La coulée la plus basse s'est arrêtée vers 1500-1450
mètres d'altitude, soit à 5,5 kilomètres du village
de Bois-Blanc. Elle n'a donc même pas eu le temps de commencer à
emprunter la ravine du même nom qui le traverse en arrivant sur le
littoral. Bois-Blanc respire mais "la surveillance des sites concernés
se poursuit avec la plus grande vigilance", indiquait la préfecture
dans un communiqué publié hier soir.