13 Mai 1998
CONSIGNES DE SÉCURITÉ
RENOUVELÉES
Prudence au volcan
Après plus de deux mois
d'activité, l'éruption se poursuit sans réellement faiblir au Piton
Kapor. La préfecture, alertée sur des imprudences commises par certains
visiteurs, a réitéré hier ses appels à la vigilance.
Les fluctuations d'activité sont nombreuses et souvent imprévisibles
au Piton Kapor. A des périodes de calme apparent succèdent souvent des
épisodes plus violents où les projections parfois très volumineuses
dépassent très largement les bords du cratère pour retomber sur
les flancs du cône. Aussi mieux vaut-il ne pas s'y frotter, surtout démuni
de l'équipement adéquat comme celui utilisé par les scientifiques
lors des prélèvements !
C'est ainsi que ces derniers jours, des spectateurs pour le moins non avertis ont
tenté des escalades du cône bras et jambes nus, tête découverte.
Sans parler d'autres qui évoluent à la basedu même Piton Kapor :
sous leurs pieds se trouve le tunnel (quelques mètres de diamètre)
par lequel la lave s'évacue du cratère pour resurgir plus loin.
Or sa voûte, au gré des fluctuations d'activité,
s'effondre périodiquement comme en témoignent les ouvertures
béantes que l'on observe parfois.
Aussi la préfecture, se fondant sur des observations aériennes
effectuées par la gendarmerie hier, recommande-t-elle une fois encore de rester
à une distance raisonnable du site de l'éruption. L'Office national des
forêts doit d'ailleurs mettre en place des panneaux d'information supplémentaires
pour attirer l'attention des visiteurs sur les risques non négligeables
d'effondrement dont le Piton Kapor peut être le théâtre. Il est sans aucun
doute plus raisonnable de prendre position
sur les belvédères naturels au sud et à l'ouest
du cône en éruption, que l'on atteint en suivant le
sentier balisé et d'où l'on observe bien les
projections. Il est également possible d'approcher au plus
près les coulées, dans la zone comprise entre le Piton
Kapor et le rempart de Bois-Blanc. Un spectacle magnifique, où
les langues de feu s'étalent largement et paisiblement,
dévorant parfois les branles sur leur passage. Il n'est pas
souhaitable qu'un accident dû à l'inconscience de
quelques-uns vienne entacher cette fête qui se prolonge sans
qu'on ait eu jusqu'alors à déplorer d'incident
sérieux malgré les dizaines de milliers de passages
enregistrés depuis deux mois.
F. M.-A.