LA MAIN À LA POCHE
Jusqu'à présent, la fourrière n'a pas encore été
importée de métropole mais voilà qui ressemble étonnamment
à une intronisation ! Un peu de marche à pied vous fera du
bien, vous quittez votre véhicule et ralliez les quatre guichets
de vente de tickets installés à l'intersection de la rue
du Bois-Joli-Potier et de la route de la Sica-lait, à environ 450
mètres de distance. Ouvrez votre portefeuille et sortez, au choix
: 40 francs pour un adulte, 100 francs pour trois adultes, 100 francs pour
une famille (deux adultes et trois enfants de moins de 15 ans) et 20 francs
par enfant de moins de 15 ans. Le débit estimé de ces quatre
pôles de vente serait de 700 clients/heure. Votre ticket de transport
en poche, il vous faut encore parcourir à pied environ 350 mètres
pour accéder au "point de montée", sous-entendu dans les
autocars ou les taxis, lequel se trouve au croisement de la route du volcan
et de la route de La Grande Ferme. Les départs se font toutes les
cinq minutes. Un bus ou un taxi chasse l'autre. Dans la montée,
motards et gendarmes en poste fixe - précisait hier le colonel Goujon,
commandant les forces de gendarmerie de l'océan Indien - sont chargés
de "réguler" le trafic dans les portions de route sensibles. Au
bout d'une heure, les passagers sont "lâchés" sur le parking
du Pas de Bellecombe. En sécurité, il faut le préciser,
les bus ne coupant pas leur route et inversement. Le service ne connaîtra
pas d'interruption pendant toute la durée du week-end et ce, jusqu'à
lundi. Au besoin, si l'affluence dépasse toutes les prévisions,
pas de souci : la "réquisition" de 30 à 40 autocars supplémentaires
est d'ores et déjà prévue. Pour le confort des visiteurs,
huit sanisettes automatiques seront disposées, à raison de
quatre sur le parking et quatre sur le Pas de Bellecombe et des poubelles,
pour l'heure introuvables, devraient être installées. Par
ailleurs, la Croix-Rouge française est elle aussi mobilisée.
Elle tiendra à la disposition des visiteurs affamés et assoiffés,
sandwiches et boissons, payants naturellement mais c'est pour la bonne
cause. Les recettes tirées de la vente des billets de transport
ira dans les caisses de la Sotrader qui les redistribuera aux entreprises
"réquisitionnées" ou concernées. Le prix demandé,
un "prix économique", assuraient hier Robert Pommiès, Jean-Claude
Fruteau, vice-président délégué de l'actuel
conseil général et président de la Sotrader, ainsi
que Thierry Decerle, administrateur de la société d'économie
mixte gestionnaire des "cars jaunes", tient compte de plusieurs facteurs
: mobilisation et "immobilisation" des autocars et personnels (trois chauffeurs
tournants par car sur la durée du week-end) et du trajet parcouru
(près de 60 km aller-retour). Tout de même, le week-end promet
d'être juteux pour les entreprises (1 800 francs par voyage aller-retour,
soit deux heures pour un car transportant 45 adultes) qui, à l'évidence
n'ont pas accepté d'être "réquisitionnées" par
pure bonté d'âme. Mais le Préfet, selon son propre
aveu, n'a pas eu le choix. "Laisser les gens libres de monter en voiture,
c'était créer des encombrements comme on en a déjà
vu et au bout du compte, très peu de monde aurait eu la possibilité
de voir l'éruption. Dites-vous bien qu'on est en train d'organiser
un plan d'accès similaire à ce qu'Albertville a fait pour
les J.O d'hiver de 1992, sauf qu'on le fait en deux jours au lieu de quatre
ans ! Bien sûr, il y aura des embouteillages, tout le monde ne pourra
pas accéder au volcan. Je le sais et je joue avec le feu si un car
casse un essieu". Gageons que les autocars seront parfaitement révisés
!
Philippe Linquette