LE FILM MONTÉ À LONDRES
15h12: un panache de gaz s'élève entre le sommet et le
Piton de Partage au-dessus du flanc nord du volcan déchiré
de plusieurs longues fissures. A bord de l'hélicoptère, les
deux cinéastes enregistrent les premières images du volcan
en éruption jamais tournées depuis 1992, date de sa dernière
activité, il y a donc plus de cinq ans et demi. L'appareil se pose
en aval des fissures éruptives et de leurs fontaines de lave, débarquant
hommes et matériel. Ils ne ressortiront pas de l'enclos avant plusieurs
jours.
Voilà la genèse de la cassette qui retrace une éruption
non pas exceptionnelle mais que les Réunionnais auront attendue
comme aucune autre sans doute. Forts de leur expérience des éruptions,
Alain Gérente, de formation scientifique, et Serge Gélabert,
avec sa maîtrise du marché de l'image, ont pu tourner des
images comme peu de cinéastes peuvent espérer en recueillir,
osant mettre les pieds là où d'autres restent à distance
respectueuse : on ne peut s'approcher des lèvres d'un cratère
sans une bonne capacité d'appréciation des risques que seule
une longue pratique permet.
Le film promet : monté dans un laboratoire londonien avec l'assistance
du réalisateur anglais Jamil Dehlavi, avec lequel Alain Gérente
a déjà travaillé pour un film précédent
sur la Fournaise, il bénéficie du "vrai" son du volcan, d'une
musique originale et d'un commentaire. A découvrir dans quelques
jours.
François Martel-Asselin
* LA CASSETTE.
- "Le 9 mars 1998, La Fournaise, 15h05". 45 minutes dont 6 d'introduction
avec, notamment, la Réunion filmée à 6 000 mètres
d'altitude, la remontée des gorges du bras de Caverne, aux parois
transformées en cascades, vers le Trou de fer, etc. Les 39 minutes
suivantes - les meilleures d'une dizaine d'heures d'enregistrement ! -
retracent les temps forts des éruptions des 9 et 12 mars.
* UN FILM SCIENTIFIQUE.
- Les images tournées à l'occasion de l'éruption
du 9 mars serviront de matière à un film scientifique réalisé
en partenariat avec l'Institut de physique du globe (IPG - responsable
des observatoires volcanologique français) et l'université
de la Réunion, destiné aux universités européennes.
Il traitera, entre autres, des techniques de prévision et de surveillance.