UNE PROMENADE
Réglementer la circulation sur la route forestière du
volcan, il faut bien en passer par là pour éviter la paralysie,
admettent tout de même des observateurs familiers du volcan. Interdire
la descente dans l'enclos quand aucun danger manifeste n'existe, non. "Que
l'administration n'ait aucune envie de se retrouver avec plusieurs milliers
de spectateurs sur le site de l'éruption, on peut l'imaginer. A
elle de limiter les risques à un niveau acceptable en fixant les
conditions d'accès". Un professionnel de la randonnée en
moyenne montagne avoue d'ailleurs son désarroi: en dépit
des milliers de visiteurs qui se sont pressés durant la longue éruption
d'août 1985, on n'a déploré aucun incident particulier.
Or, l'éruption actuelle se situe à quelques dizaines de mètres
près au même endroit ! Pour guider les visiteurs, il serait
très facile de rétablir le balisage mis en place à
l'époque, simplement recouvert de peinture marron, pour éviter
toute ambiguïté, une fois l'éruption de 85 terminée.
La trace est dans l'ensemble correcte, les quelques passages dans des coulées
en gratons, soigneusement nivelés par les visiteurs passés,
ne présentent aucune difficulté. Cette promenade, accessible
en 1h15 environ (aller simple) pour toute personne normalement constituée,
s'effectue en faux plat, hormis la descente et la remontée du rempart
de Bellecombe.
On peut imaginer, comme le préconisait Jacques Lougnon, une
sorte de contrôle des équipements (!), pour éviter
de laisser partir des marcheurs mal chaussés, sans eau, ou accompagnés
d'enfants en trop bas âge par exemple. Des cordes, comme cela s'est
pratiqué lors de cette même éruption de 1985, pourraient
délimiter un périmètre de sécurité raisonnable
face à l'éruption
Pour l'instant donc, il n'est question de rien de tout cela et cette
attitude de l'administration est fondée à déconcerter
tous ceux qui possèdent une longue pratique du Piton de la Fournaise
et des volcans en général. "Administration timorée"
est l'une des expressions les plus aimables qui revient dans leur bouche.
"Le volcan, c'est leur joujou", notent-ils finement en glosant sur le déploiement
d'énergie et l'enthousiasme juvénile observés chez
certains de ceux chargés de gérer cet épisode éruptif
somme toute assez banal s'il n'avait été précédé
d'une si longue période de repos du volcan.
Et ils ne décolèrent pas à la vue du Fennec qui
véhicule depuis lundi dans le ciel du volcan autorités civiles
et militaires, sans parler de la dizaine de boucles effectuées hier
matin par un Transall au-dessus de l'éruption, narguant les simples
piétons scrutant les fontaines de lave depuis le bord de l'enclos.
Dans quel but au fait ? Les médias pouvaient s'attendre, au terme
de ces multiples "reconnaissances", à ce qu'une carte des coulées
- même approximative - soit dressée pour leur être remise.
Or, selon les propres termes du chargé de communication de la préfecture,
il n'y avait "rien de nouveau" hier pour justifier la tenue d'une conférence
de presse comme il en était encore question la veille. On l'avait
bien entendu comme cela
François Martel-Asselin
* Célébration au gîte
Le petit Florent, fils d'un employé de l'équipe de Jacques
Picard, gardien du gîte du volcan, a eu le plus beau cadeau d'anniversaire
qui soit : il a fêté ses deux ans en regardant l'éruption
lundi 9 mars !