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Juillet 1998
Volcan : Les coulées à 2 kilomètres de
la route nationale 2

Depuis deux jours, ce n'est plus le Piton Kapor qui attire l'attention
mais bien les basses pentes du volcan, sur la côte est du département.
Comme le Journal de l'île l'annonçait hier, les coulées
de l'éruption du 9 mars - entrée hier dans dans son cinquième
mois - ont beaucoup progressé cette semaine. Leur front se situait
en fin d'après-midi à une distance estimée à
deux kilomètres tout au plus de la route nationale 2, à mi-distance
entre la Vierge au parasol et la pointe du Grand brûlé.
Hier, les gendarmes de la compagnie de Saint-Benoît et leurs
collègues du Peloton de haute montagne se sont employés à
évaluer l'avancée des coulées dans cette zone du Grand-Brûlé
qu'elles ont atteinte après avoir traversé la Plaine des
Osmondes où elles étaient longtemps restées cantonnées
puis les Grandes pentes, véritable tremplin de plusieurs centaines
de mètres de dénivelé en direction du littoral
La lave, après la traversée d'un véritable désert
minéral, a commencé à attaquer, à moins de
400 mètres d'altitude, la zone où la végétation
devient à nouveau très dense et l'enflamme.
Pour répondre aux supputations des curieux qui défilent
au pied du volcan et ne manquent pas de scruter les coulées - rubans
rouges souvent bien visibles depuis la région de la Vierge au Parasol
- une réponse de Normand s'impose: oui, et à condition que
le débit se maintienne, il faudra au moins plusieurs jours avant
que la coulée (dont le front ne dépasse pas quelques dizaines
de mètres de largeur) atteigne la route nationale 2 si elle doit
l'atteindre. En effet, compte tenu de la pente désormais beaucoup
plus faible dans cette zone par ailleurs très accidentée,
la coulée a toutes les chances de ralentir sa progression. Mais
la formation continue de tunnels, en l'empêchant de se refroidir,
donc de se solidifier, risque aussi de lui permettre de continuer à
avancer !