5 Mai 1998
Neuvième semaine d'éruption
En dépit de fluctuations apparentes de l'activité,
le Piton Kapor continue de fumer, de cracher et de couler !
Mais il est un peu tôt pour parler de record de durée.
Le week-end prolongé du 1er mai vient de battre des records
d'affluence. Huit semaines après le début de l'éruption
du 9 mars,le rescapé des trois cônes actifs
au début a attiré plusieurs milliers de visiteurs
entre jeudi soir et dimanche, venus de jour comme de nuit se
frotter aux coulées brûlantes du Piton de la Fournaise.
La date d'hier marquait l'entrée du Piton Kapor dans
sa neuvième semaine d'activité. Une longévité
sans doute assez exceptionnelle pour une éruption de la
Fournaise, mais à propos de laquelle il serait
prématuré de record. Car encore faut-il
s'entendre sur le terme "éruption". Ainsi est-on
tenté de dissocier ou non des phases
d'activité successives dont le lien semble pourtant
parfois évident: les cas sont fréquents dans
l'histoire du volcan de la Réunion où une éruption
prend le relais d'une autre quelques heures après la fin de la
première ou même avant parfois ! Ce qui peut
tout changer. On relève ainsi sur des tablettes très
officielles une éruption de 154jours qui s'est
étalée entre novembre 1975 et avril 1976 alors
qu'on sait à son propos que des cônes distants d'au
moins plusieurs centaines de mètres en sont nés,
fruits de phases d'activité successives.
Trêve de supputations et de records, peu importe,
l'éruption du 9 mars dure ! Le spectacle, accessible comme
rarement, est aussi toujours visible plus de huit semaines
après son début - chose peu fréquente
puisque les coulées ont rapidement tendance à
se canaliser, formant peu à peu de véritables
tunnels où la lave circule invisible. Si cette prolongation
fait le bonheur des admirateurs de la Fournaise, à
l'observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise,
on commence à accuser le coup puisque la petite équipe
doit en effet assurer une veille vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Pour ces hommes et ces femmes, techniciens et scientifiques, cela
signifie une nuit de permanence par semaine chacun à
laquelle vous ajouterez les gardes des week-ends et des jours
fériés, particulièrement abondants en ce joli
mois de mai
François Martel-Asselin
