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Aout 1998
TOUJOURS BEAUCOUP DE MONDE PRÈS DES COULÉES
La lave se hâte avec lenteur

Si les fleuves de lave ont disparu aux abords de la Vierge au Parasol,
les coulées continuent, lentement mais sûrement, leur petit
bonhomme de chemin. Les visiteurs se sont encore rendus nombreux sur les
lieux, hier, juste quelques mètres au-dessus de la route nationale.

Si tu ne vas pas au volcan, le volcan viendra à toi. Voilà
ce qu'ont dû se dire les milliers de personnes qui ont encore voulu,
hier, goûter le spectacle de la roche en fusion dévalant les
pentes en direction de la nationale 2. Moins fluide que les jours précédents,
la lave continue tout de même à avancer. La question que tout
le monde se pose reste la même : quand arrivera-t-elle sur la route
? Il semble que ce ne soit pas encore pour les heures qui viennent. La
vitesse de descente est estimée à environ un mètre
par heure. Ce qui laisse encore un peu de marge.
Le spectacle se déplace et permet maintenant, sans trop d'effort,
d'atteindre le point le plus avancé des coulées en quelques
minutes seulement. En fin d'après-midi, l'accès en voiture
ne posait pas trop de problème. En revanche, avec l'obscurité,
les curieux ont afflué. Difficile dans ces conditions de trouver
une place de parking à moins de plusieurs kilomètres de la
Vierge au Parasol. Mais les randonneurs n'ont nullement été
découragés. Il faut dire que si le parcours sur la route
s'allonge, celui en direction de la coulée se réduit comme
peau de chagrin. Au départ du parking, il suffit de grimper quelques
mètres pour se retrouver au contact direct de la lave. Ce qui a
permis à de nombreux visiteurs de venir avec toute la famille. Comme
ce week-end, le jeu le plus prisé reste celui de la pêche
à la lave. Le premier objectif, une fois arrivé sur place,
est de se munir d'un bâton pour pouvoir le tremper goulûment
au milieu de la fournaise.
Visite du préfet
Mais ce petit jeu peut s'avérer dangereux. Une fois le morceau
de lave retiré, certains le déposent encore incandescent
sur le bord du sentier, sans tenir compte de leurs voisins. D'autres, peut-être
plus dangereux encore, exhibent leurs trophée rougeoyant au bout
de leur bâton, à hauteur d'homme. Depuis ce week-end, les
sapeurs-pompiers de Saint-Benoît, renforcés par ceux de Sainte-Marie,
ont mis en place un PC sécurité sur le parking de la Vierge
au Parasol. Dans la journée d'hier, ils ont dû intervenir
une quinzaine de fois pour des petites brûlures où des éraflures.
Mais, ils constatent, philosophes, que les petites interventions sont en
baisse. «Normal», explique l'un d'eux, «il y a moins
de chemin à parcourir, donc moins de chances de se blesser»
Du côté des autorités, on observe régulièrement
l'évolution de la situation, sans s'alarmer outre mesure. Le préfet,
Robert Pommiès, s'est même rendu sur les lieux hier, juste
avant son départ. Visiblement plus en tant que touriste que représentant
de l'Etat puisqu'il devait s'envoler quelques heures plus tard pour la
métropole. Il laisse la situation dans les mains de Serge Morvan,
sous-préfet, qui inspectait l'état des coulées hier
soir en compagnie du maire de Sainte-Rose, Michel Vergoz.
Même si le sous-préfet se réjouit de constater
que le volcan lui laisse quelque répit, il n'oublie pas de préciser
que des mesures d'urgence pourront être prises si les coulées
atteignent la chaussée.
En plus des pompiers qui assurent la sécurité sur place
24 heures sur 24, les gendarmes organisent régulièrement
des patrouilles. «L'accès est libre pour tout le monde»,
souligne Serge Morvan, «mais il se peut que nous intervenions au
niveau de Sainte-Rose. Si les embouteillages sont trop importants, nous
conseillons aux automobilistes de faire demi-tour. Libre à eux,
s'ils le souhaitent, de se retrouver deux heures dans les bouchons».
Un genre de mésaventure qui risque bien de se reproduire si les
coulées s'approchent toujours plus près de la route.