1 Avril 1998
La quatrième semaine d'éruption du Piton de
la Fournaise débute en fanfare
Spectaculaire reprise d'activité au piton Kapor

Les feux de la Fournaise ne semblent plus vouloir se calmer, bien au contraire.
Les témoins présents à proximité de l'éruption
ont assisté, hier matin à 5h20, à une spectaculaire
reprise de l'activité, pourtant considérée comme sur
le déclin depuis une semaine et ce week-end en particulier.
"Le dégazage observé au cratère Kapor (voir le
Journal de l'île d'hier) s'est arrêté brutalement, nous
a rapporté l'un d'eux, et les espèces de flammes qui sortaient
en continu du cratère ont laissé la place à des fontaines
de lave; les pentes du cône étaient recouvertes de projections
rougeoyantes". Par ailleurs, ajoutait-il, des coulées sont sorties,
encerclant le cratère Krafft. Elles s'apprêtaient à
en faire de même hier en fin d'après-midi avec le cratère
Charles !
A la même heure, l'activité avait retrouvé un rythme
plus modeste avec des projections espacées de cinq à dix
secondes tout de même, contre cinq à dix minutes la veille.
L'observatoire volcanologique a bien sûr enregistré ce
sursaut de l'éruption. Philippe Kowalski, responsable technique,
explique : "Le trémor [vibration continue enregistrée par
les capteurs lorsque le magma s'écoule vers la surface] a repris
hier matin presque comme au début de l'éruption. Cette reprise
avait été précédée dimanche par des
signaux plus profonds mais nous n'avons pas enregistré de séismes.
Un survol de l'enclos effectué en début de matinée
nous a permis de constater des projections assez hautes au-dessus du Piton
Kapor mais le front de coulée n'a pas progressé dans la plaine
des Osmondes et nous n'y avons pas observé de coulées rougeoyantes".
Reste maintenant à savoir ce que nous réserve le PIton
de la Fournaise, toujours surveillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre
par les scientifiques. L'épisode d'hier n'est-il qu'une simple phase
plus active comme il s'en déroule parfois ou traduit-il une évolution
de l'activité ?
Quant aux visiteurs, il semble que l'étalement des nouvelles
coulées ait réduit leurs possibilités de séjour
sur le site de l'éruption. Les forces de gendarmerie présentes
au Pas de Bellecombe ont pour leur part peu à peu levé le
camp.